{"id":2267,"date":"2024-03-02T13:41:44","date_gmt":"2024-03-02T12:41:44","guid":{"rendered":"http:\/\/contraluz.fr\/?p=2267"},"modified":"2024-03-02T13:41:44","modified_gmt":"2024-03-02T12:41:44","slug":"eureka-lisandro-alonso-argentine-2023-2h27-lundi-11-mars-a-19h20-cinema-utopia","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/contraluz.fr\/?p=2267","title":{"rendered":"EUREKA Lisandro ALONSO\u00a0&#8211; Argentine 2023 2h27 &#8211; lundi 11 mars \u00e0 19h20, cin\u00e9ma Utopia"},"content":{"rendered":"<h2 style=\"text-align: center;\">EUREKA<strong>Lisandro ALONSO<\/strong>\u00a0&#8211; Argentine 2023 2h27\u00a0<strong>VOSTF<\/strong>\u00a0&#8211; avec Viggo Mortensen, Chiara\u00a0Mastroianni, Alaina Clifford, Sadie Lapointe&#8230;<\/h2>\n<h4 style=\"text-align: center;\"><strong>Sc\u00e9nario de Lisandro Alonso, Fabian\u00a0Casas et Martin Cama\u00f1o<\/strong>.<\/h4>\n<h4 style=\"text-align: center;\">La s\u00e9ance du\u00a0<b>lundi 11 mars \u00e0 19h20<\/b>\u00a0organis\u00e9e en partenariat avec l&rsquo;association\u00a0<b>Contraluz<\/b>\u00a0sera suivie d&rsquo;une rencontre avec\u00a0<b>James\u00a0Cohen<\/b>, professeur au d\u00e9partement du monde anglophone et enseignant \u00e0 l\u2019institut des hautes \u00e9tudes de l\u2019Am\u00e9rique Latine de\u00a0l\u2019Universit\u00e9 Paris 3.<\/h4>\n<p><a href=\"http:\/\/contraluz.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/03\/eureka-2.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-2269 alignleft\" src=\"http:\/\/contraluz.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/03\/eureka-2-300x212.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"212\" data-id=\"2269\" srcset=\"https:\/\/contraluz.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/03\/eureka-2-300x212.jpg 300w, https:\/\/contraluz.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/03\/eureka-2-768x542.jpg 768w, https:\/\/contraluz.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/03\/eureka-2.jpg 800w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a>Il a suffi d\u2019un film \u2013\u00a0<i>La Libertad<\/i>\u00a0\u2013 au r\u00e9alisateur Lisandro Alonso pour s\u2019imposer comme l\u2019un des chefs de file du \u00ab\u00a0Nuevo Cine Argentino\u00a0\u00bb, une g\u00e9n\u00e9ration de cin\u00e9astes qui, au tournant des ann\u00e9es 2000, impose un regard, une exigence, une croyance dans le cin\u00e9ma comme v\u00e9ritable espace de libert\u00e9 plastique et philosophique. Alignement heureux des plan\u00e8tes, dans le m\u00eame temps, en Europe le catalan Albert Serra et en Asie le tha\u00eflandais Apichatpong Weerasethakul plongent dans ce nouveau courant qui d\u00e9cide de questionner de fa\u00e7on quasi m\u00e9taphysique notre condition humaine, utilisant l\u2019environnement et le temps comme des vecteurs de r\u00e9flexions existentielles.<\/p>\n<p>Constitu\u00e9 de trois parties,\u00a0<i>Eureka<\/i>\u00a0nous embarque dans un voyage onirique qui s\u2019ouvre dans les ann\u00e9es 1870 sur un western en noir et blanc, au c\u0153ur d\u2019une petite ville \u00e0 la fronti\u00e8re mexicaine o\u00f9 les habitants dorment dans les rues, se saoulent et flinguent \u00e0 tout-va. Chiara Mastroianni y campe une sh\u00e9rif et Viggo Mortensen un cowboy solitaire \u00e0 la recherche de sa fille. Ce premier acte \u00e9voque par sa forme la violence de la conqu\u00eate de l\u2019Ouest (le r\u00e9alisateur dit s\u2019\u00eatre directement inspir\u00e9 des descriptions sauvages de l\u2019\u00e9crivain Cormac McCarthy dans son livre\u00a0<i>M\u00e9ridien de sang<\/i>) en m\u00eame temps qu\u2019il sugg\u00e8re une critique sur l\u2019utilisation du cin\u00e9ma (ici le western) comme moyen de transmettre une certaine Histoire am\u00e9ricaine dont les peuples indiens sont les grands absents. On comprend alors que pour le cin\u00e9aste, l\u2019affaiblissement \u2013 voire la disparition \u2013 d\u2019une grande partie de la culture indienne trouve son origine dans les efforts conjoints de ces violences\u00a0: celles de la r\u00e9alit\u00e9 et celles de la fiction.<\/p>\n<p>Traversant les \u00e9poques et les fronti\u00e8res, la seconde partie du film nous transporte de nos jours \u00e0 Pine Ridge, une r\u00e9serve indienne du Dakota du Sud. Dans un style semi-documentaire, on y suit Alaina, une v\u00e9ritable officier de police d\u2019origine sioux patrouillant seule la nuit sur les routes enneig\u00e9es de la r\u00e9serve. Alaina est fatigu\u00e9e de faire r\u00e9gner \u00ab\u00a0l\u2019ordre\u00a0\u00bb au sein d\u2019une population d\u00e9pressive, pauvre, ravag\u00e9e par l\u2019alcool, les violences familiales et le vice du jeu. Car ce peuple, c\u2019est le sien. Sa ni\u00e8ce, Sadie, attend son retour pendant une longue nuit, en vain\u2026 En qu\u00eate de ses origines, elle d\u00e9cide alors, avec l\u2019aide de son grand-p\u00e8re chaman, de quitter ce monde et de s\u2019envoler dans le temps et l\u2019espace vers l\u2019Am\u00e9rique du Sud. Sadie ne regardera plus de westerns en noir et blanc, qui ne la repr\u00e9sentent pas.<br \/>\nDans une troisi\u00e8me partie prenant la forme d\u2019un conte, la cam\u00e9ra s\u2019immisce alors au c\u0153ur d\u2019une tribu d\u2019hommes et de femmes animistes, communiquant par songes dans la chaleur \u00e9quatoriale d\u2019une jungle br\u00e9silienne, avant que la soif de richesse des orpailleurs ne vienne troubler ces m\u00e9ditations, nous rappelant cette autre sombre r\u00e9alit\u00e9 de l\u2019Histoire indienne.<\/p>\n<p>En 2014, Lisandro Alonso semblait avoir atteint l\u2019acm\u00e9 de son art avec\u00a0<i>Jauja<\/i>, un western patagonien qui invoquait autant le cin\u00e9ma de Raul Ruiz que le\u00a0<i>Dead Man<\/i>\u00a0de Jarmusch. Pourtant, \u00e0 la vision d\u2019Eureka, qui explore la condition des Indiens d\u2019Am\u00e9rique (du Nord et du Sud) enti\u00e8rement boulevers\u00e9e par l\u2019Histoire coloniale, on r\u00e9alise \u00e0 quel point le cin\u00e9aste argentin est encore capable de se r\u00e9inventer tout en pr\u00e9servant son style po\u00e9tique et sa singularit\u00e9. Ma\u00eetrisant \u00e0 la perfection ses cadrages et rallongeant volontairement la dur\u00e9e de certains de ses plans, Alonso semble vouloir nous inviter \u00e0 transcender notre langage et notre rapport au monde. Dans le dossier de pr\u00e9sentation du film, on trouve une phrase du cin\u00e9aste qui \u00e9voque assez bien l\u2019atmosph\u00e8re de cet \u0153uvre aux contours chamaniques\u00a0: \u00ab\u00a0Les oiseaux ne parlent pas aux humains, mais si seulement nous pouvions les comprendre, ils auraient sans doute quelques v\u00e9rit\u00e9s \u00e0 nous transmettre.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<div class=\"mh-excerpt\"><p>EUREKALisandro ALONSO\u00a0&#8211; Argentine 2023 2h27\u00a0VOSTF\u00a0&#8211; avec Viggo Mortensen, Chiara\u00a0Mastroianni, Alaina Clifford, Sadie Lapointe&#8230; Sc\u00e9nario de Lisandro Alonso, Fabian\u00a0Casas et Martin Cama\u00f1o. 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